vendredi 30 octobre 2009

Une exposition du travail graphique de Cédric Gatillon à Marrakech

Accrochage en action par les étudiants 2e année graphisme de l'ésav

Une première vison des affiches de Cédric Gatillon peut sembler - au regard non aguerri - plurielle et incongrue. Devant des portions de corps aux poses improbables comme dans Bord#1 d’Emmanuelle Huynh, on participe à une gymnastique visuelle des corps, du texte et des images. Parfois, des projections de textes ou des écrans de télé viennent perturber notre rétine, des collages typographiques comme des lettres anonymes se bousculent : écrit et image s’inventent entre écrans publicitaires et panneaux western intergalactiques… (Saison 2005-06, Villa Gillet, Lyon). Pas un style, pas une seule et même approche – mais des conversations chaque fois différentes et toujours renouvelées avec le client.

Le graphisme de Cédric Gatillon : l’art visuel au quotidien d’un homme-orchestre

Soir de vernissage sous les affiches

Dessin en noir ou une couleur sur aplat de rouge, jaune, bleu ou vert. Les contraintes économiques donnent des résultats créatifs inattendus tel ce couteau suisse orchestrant la saison 2003-04 du Théâtre de la Renaissance à Oullins. Plaisir de découvrir le parti pris d’un fond rouge avec une découpe du sujet dessiné en aplat de noir et une typo blanche en haut de casse, sans empâtement. Un diapason est fièrement campé dans des chaussures pour le spectacle musical Aventures et nouvelles aventures. Dans Emprise de tête, une tête à la forme simplifiée – sans doute un hommage au style Art déco de Jean Carlu ou de Cassandre - dessine un jeu de labyrinthe dans sa calotte… Coriolan de Shakespeare (saison 2004-05) fait ouvertement référence aux affiches de mai 68 et adapte parfaitement le visuel contemporain à la tragédie antique. Pour la saison 2005-06, Cédric Gatillon s’amuse de jeux typographiques ou la lettre devient une fringante image pleine de couleur, déjouant les codes attendus des spectacles musicaux, électro ou vidéo… 2006-07 donne la part belle aux collages, amoncellement d’hybrides humanoïdes formés d’objets divers du quotidien et instruments de musique avant la déferlante de fruits et légumes de la saison suivante.

Des collages, amoncellement d’hybrides humanoïdes…

Le Théâtre 13 est quant à lui résolument humain. Il mélange la réalité à la fiction, l’humour et la poésie. Dans un grand souffle anthropomorphique, Lysistrata, Roméo et Juliette, Les cuisinières inaugurent un style ou sculpture antique et corps humains s’hybrident dans une emphase surréaliste pour donner chair à un texte théâtral. Citons aussi la magnifique série des lettres peintes à même le corps (La Dispute, le Timide au palais) et les textes projetés, comme pour Marie Stuart ou l’illusion d’une collerette blanche évoque un détail vestimentaire et son destin cruel (saison 2007-08)

Le corps décor…

Des conversations toujours renouvelées avec les clients

Depuis 2008, cet univers éclectique s’est enrichi de l’identité graphique du Théâtre de Cachan, avec la création d’un logo dont la caractéristique est la personnification du A, lettre commune aux deux mots. Des affiches sont apparues résolument typographiques et en deux tons Pantone, créant une troisième couleur qui dynamise la composition dans une simplicité déconcertante.


Ah, Ah, voilA le ThéÂtre de CAchAn
!

"Peut-on mettre le titre en un peu plus gros !"
Une exposition du travail graphique de Cédric Gatillon
Affiches, dessins préparatoires et collages
jusqu'au 26 novembre 2009
ESAV, école supérieure des arts visuels de Marrakech, Maroc
Ouvert tous les jours de 10h à 19h, fermé dimanche et jours fériés

mercredi 23 septembre 2009

Les plus beaux livres suisses


Après la rentrée littéraire de septembre, il est temps de découvrir des livres sous une facette plus formelle : le design de l'objet et la qualité de sa production ! Les "plus beaux livres suisses" ont été exposés au Museum für Gestaltung de Zurich et au Musée de design et d'art appliqués/contemporains (mudac) à Lausanne. Pour la sixième année consécutive, la bibiothèque du Centre culturel suisse présente à partir du 24 septembre les lauréats du concours 2008, organisé par l’Office fédéral de la culture (OFC).

Créé en 1999, ce concours s'adresse à tous les designers, institutions et entreprises œuvrant à la production de livres - au moins une des trois parties doit être établie en Suisse.
Les livres primés le sont sur des critères formels. Pour cette édition, le CCS fait partie des lauréats avec le catalogue Centre culturel suisse 2006 - 2007 - 2008.

A l’occasion du vernissage, le jeudi 24 septembre de 17h à 21h, une présentation des lauréats aura lieu en présence de Tan Wälchli, graphiste et co-éditeur du catalogue des livres primés et le graphiste Laurenz Brunner, concepteurs du catalogue du CCS.

Catalogue des livres primés
"Die schönsten Schweizer Bücher / Les plus beaux
livres suisses / I più bei libri svizzeri / The most
beautiful Swiss books 2007", Bundesamt für Kultur,
Bern, 2009, ISBN 978-3-95227-006-6, CHF 35.-



Centre culturel suisse à Paris
38 rue des Francs-Bourgeois
75003 Paris
jusqu'au 12 décembre 2009
www.ccsparis.com





lundi 27 avril 2009

Le kiosque de Nathalie Lété

Des oiseaux qui annoncent Lété…



C'est Nathalie Lété qui les installe cette semaine
chez MERCI au 111, boulevard Beaumarchais, Paris 11e
du lundi au samedi ....pendant un mois environ
il y a aussi des objets délicieux, des guirlandes en tissus, des dessins en papier !

métro: Filles du calvaire
www.nathalie-lete.com

jeudi 16 avril 2009

L'art de filmer l'art


Voila bien un sujet qui peut paraître d'une simplicité déconcertante. Or rien n'est plus difficile que de rendre vivant un tableau, une installation ou une sculpture en les passant par l'objectif d'une caméra. C'est un peu comme filmer un spectacle de danse - exercice périlleux rarement réussi !

L'art de filmer l'art, avec François Levy-Kuentz, réalisateur.

JEUDI 23 AVRIL 2009 à l'Ensad
École nationale supérieure des arts décoratifs
31, rue d’Ulm 75240 Paris cedex 5
Amphithéâtre Rodin
Séance de 18h30 à 20h
Entrée libre dans la limite des places disponibles

Prochaine séance jeudi 30 avril
John Thackara, designer.
http://www.thackara.com

lundi 26 janvier 2009

FUKUDA SENSEI…


"salut florence, ce petit dessin sur le petit cahier qui m'accompagnait à ma première rencontre avec cette homme de très grand talent. C'était à tokyoto chez lui pendant le congrès de l'AGI. Je l'ai mieux connu l'année suivante à Taïwan où nous avons partagé quelques moments complices et drôles. amicalement. R*"

R*, c'est ronald curchod et c'est très beau. Merci.

http://www.ronald-curchod.net
http://www.ronald-curchod.net/emis_recu

vendredi 23 janvier 2009

Shigeo Fukuda. Une dernière image et puis s'en va


©Shigeo Fukuda

A l'image de ce facétieux dinosaure sortant d'un écran d'ordinateur, Shigeo Fukuda avait suffisamment de recul sur son travail de designer (il était aussi sculpteur, scénographe, bref un artiste complet du design) pour se pencher avec humour sur ses créations, en se comparant sans fausse modestie, avec les plus grands artistes de notre temps… Il avait 76 ans la dernière fois que je l'ai rencontré, une énergie débordante, une fougue créatrice de jeune homme et une passion sans limite pour l’image, dont il savait faire partager l'intelligence à notre imagination. Durant tout un week-end, il su enchanter de sa présence lumineuse les Journées Savignac 2008.


Mathilde Kœnig et Cylia Pheng, d'après Shigeo Fukuda/2009

Il aurait du inaugurer l’exposition que l’École supérieure des arts visuels de Marrakech lui consacre actuellement. La vie en a décidé autrement. Survivent ses images incontournables : illusions d’optiques, anamorphoses, situations impossibles et réalités retrouvées. Shigeo Fukuda est mort le 11 janvier à Tokyo. Ça, c'est la dure réalité.

De nombreux sites et blogs lui rendent hommage :
Steven Heller dans le New York Times
Etapes sous la plume de Virginie Loste
Blog des Editions Michel Lagarde, Paris
Etienne Mineur sur son blog
Shigeo Fukuda le grand par Marc Serre, sur œilpourœil
Geoffrey Dorne avec un au revoir à Shigeo Fukuda

Le petit Fukuda, joyeusement fabriqué pour l'exposition de Trouville-sur-mer, sera en vente dans toutes les bonnes librairies début février.

jeudi 18 décembre 2008

Rappel amical…


à l'Atelier 18
220 rue du Fg. St-Martin / 75010 Paris
code 1 : 0347 / code 2 : 29387

lundi 15 décembre 2008

Nos amis les bêtes…



Avec Animal !, nos amies de l'atelier 18 /Catherine Lasnier, Pascale Evrad and co… /terminent l'année en beauté pour leur neuvième mini Salon : décrochage des peintures et des illustrations jeudi 18 décembre autour d'un verre. C'est à l'atelier 18, Batiment B - 1er étage, 220 rue du faubourg Saint-Martin à Paris 10e (code porte 1 : 0347 /code porte 2 : 29387)

mardi 25 novembre 2008

La main qui dessinait toute seule


Stripes, ©Jeanne Verdoux

Un appel du pied… cette main qui dessinait toute seule.
Sur un concept original conçu avec Ultralab - un artiste de la galerie invite un artiste de son choix à exposer avec lui - voici donc le troisième volet d'une exposition entièrement consacrée au dessin chez Magda Danysz : des artistes cosmopolites dont la passion commune est, vous l'aurez deviné sans peine, le dessin. Une exposition généreuse dans l'idée, la production et la richesse des différents regards portée par un "accrochage jubilatoire et délirant."

Suspension, ©Jeanne Verdoux

"
Tout le premier étage de la galerie, [est] ainsi transformé en cabinet de curiosités, atelier de production clandestin, vitrine officielle et officieuse du dessin contemporain." Ouaouh ! de l'inconnu, du clandestin… ainsi, il y aurait une prohibition du dessin contemporain pour qu'éclose en plein Paris un clandé ?

Avec les habitués : Peter Arkle, Damien Beguet, Armand Béhar, Yoan Béliard, Pierre Beloüin, Botto e Bruno, Christian Boulicaut, Aliki Braine, Julien Couty, Alain Delorme, Olivier Filippi, Gosia Galas, Jérémie Gindre, Christian Gonzenbach, Frank Hülsbömer, Jordin Isip, Jonone, Kosta Kulundzic, P. Nicolas Ledoux, Jean-Luc Lemaire, Guillaume Linard, Mireille Loup & Stéphane Jourdois, Guillaume Mary, Tom Mason, Rob Matthews, Bartolomeo Migliore, Miss Van, Laurina Paperina, Didier Petit, Françoise Pétrovitch, Danielle de Picciotto, Jerome Poret, Carlos "Mare 139" Rodriguez, Anne Laure Sacriste, Samantha Simpson, Chloe Steele, Icon Tada, Yann Taillefer, Nicolas Tilly, Jeanne Verdoux (j'aime bien ce qu'elle fait), Davor Vrankic, West, Eric White et leurs potes…


«Le dessin est la base de tout»
Alberto Giacometti



Galerie Magda Danysz
78 rue Amelot à Paris 11e.

vernissage
18H à 21H
samedi 20 décembre au 1er étage
jusqu'au 17 janvier 2009

vendredi 21 novembre 2008

De Miró à Warhol. La Collection Berardo à Paris.

La collection José Berardo, l'une des collections d’art moderne et contemporain les plus intéressantes d'Europe - et sans doute la plus méconnue du grand public - est installée jusqu'au 22 février au Musée du Luxembourg. Riche de 862 œuvres, la collection conservée à Lisbonne permet de « faire l’expérience du XXe siècle ».


Tom Wesselmann Great American Nude 52, 1963
Ecoutez le commentaire dit par Jean-Pierre Marielle

(désolé J-P, je pense trop à La galette de Pont-Aven pour garder mon sérieux !)

Extrait du DVD "De Mirò à Warhol"


70 œuvres sont à découvrir au Musée du Luxembourg : les surréalistes (Miró, Dali, Ernst, Breton…) - l'un des axes majeurs de la collection pour la période précédant la seconde guerre mondiale -, en passant par l'abstraction de 1910 à l'immédiat après-guerre (Mondrian, Tanguy, Arp…), sans oublier la confrontation Europe-Amérique des années 1960 avec le Nouveau réalisme et le Pop Art (Warhol, Klein, Soulages, Mitchell…) et la création post-1970 (Schnabel, Stella…). Passionnant, vraiment passionnant.

Cette exposition, placée sous le commissariat d'André Cariou, conservateur en chef du Musée des Beaux-Arts de Quimper et spécialiste reconnu de la peinture du XXe siècle, s'insère dans la programmation Art moderne du Musée du Luxembourg initiée en 2000 par le Sénat en hommage à la prestigieuse histoire du Musée qui fut, de 1818 à 1937, le premier musée français des artistes vivants.


C'est au Musée du Luxembourg
19 rue de Vaugirard, 75006 Paris
Tél : 01 42 34 25 95

info@museeduluxembourg.fr


lundi, vendredi, samedi de 10h30 à 22h

mardi, mercredi, jeudi de 10h30 à 19h

dimanche de 9h30 à 19h

Plein Tarif 11 € - Tarif réduit 9 € et 6

Qu'on se le dise !

lundi 17 novembre 2008

Shigeo Fukuda. Une image peut en cacher une autre


©Shigeo Fukuda, exposition personnelle Tokyo, 1975

Shigeo Fukuda est un incontestable amoureux des images.
Cet éternel jeune homme, espiègle illusionniste, joueur véloce et solitaire crée des images qui questionnent notre intelligence et notre imagination. Artiste polymorphe, tour à tour dessinateur, sculpteur, scénographe dans l’espace public, designer d’objets du quotidien devenus subtilement improbables, il est aussi à l’aise en 2D qu’en 3D. Il maîtrise les illusions optiques, les anamorphoses en créant des situations impossibles, des réalités retrouvées.
Chez Fukuda, une image peut en cacher une autre.


©Shigeo Fukuda, dessin, 1981

Quand Fukuda dessine une affiche pour la paix, le projectile est sur le point de rentrer dans le fut du canon au lieu d’en être violemment expulsé. Le point culminant de l’action dans Victory souligne l’ironie de la catastrophe. L’humour noir fricote avec l'absurde pour rendre encore plus poignante la tragédie.


©Shigeo Fukuda, 1969

L'exposition dévoile deux facettes de son travail de graphiste, à travers 50 affiches des années 70 à 2008. Elle présente pour la première fois en France de très beaux livres pour enfants et des livres d'artistes datant de la fin des années 60 au tout début des années 80.


©Shigeo Fukuda, années 60


©Shigeo Fukuda, Ecole, tirage: 300 exemplaires, 1965

L'affiche de l'exposition, clin d'œil de Mathilde Kœnig et Cylia Pheng, jeunes diplômées de l'ésad Amiens, est l'hommage d'une jeunesse dont Shigeo Fukuda (voir l'interview), présent lors du vernissage, a su apprécier à sa juste valeur l'impertinence ludique…




Shigeo Fukuda.
Une image peut en cacher une autre
.
Exposition d'affiches et de livres.
  • Mairie de Trouville-sur-Mer, Normandie
25 octobre - 30 novembre 2008
Entrée libre et gratuite
1h52 de Paris par train direct…
renseignements : +33 (0)2 31 14 60 70
15 janvier - 13 février 2009
Entrée libre et gratuite
3h00 de Paris par vol direct…
renseignements : florence.robert@esavmarrakech.com

Un petit ouvrage graphique est publié chez Michel Lagarde
dans la collection Design Graphique.
Distribué par le Comptoir des Indépendants (8 euros)

n.b: Les cordonniers sont les plus mal chaussés… aussi, n'est-il pas aisé de présenter le commissariat d'une exposition dont on a conçu et porté le projet soi même ! Une fois n'est pas coutume…

vendredi 17 octobre 2008

400 artistes pour 400ml : une bombe d'expo !



Monstration cosmopolite et insolite à la Maison des métallos. 400 artistes ont travaillé sur l'objet fédérateur qui symbolise le mieux l'art urbain, j'ai nommé : " la bombe de peinture aérosol !" 400 pièces customisées sont exposées à l'initiative de l'association le M.U.R. avec le soutien de Kitchen93. Parmi les Français qui se sont fait un nom dans les années 80, on retrouve Speedy Graphito, Miss Tic, Jean Faucheur (l'un des instigateurs du projet), Jérôme Mesnager...


© CON (Tim Colon)



©ESM-ARTIFICIAL


©Kabouter

La jeune génération, appartenant au mouvement du post graffiti, comme Alexone, Zevs, l’Atlas, Mambo, Tanc, Sun7, Teurk sont également présents, ainsi que de nombreux étrangers dont Faith 47 (Afrique du Sud), Cope2 et Abe Lincoln Junior (USA), A1one (Iran), Tenga (Japon)...



Le livre "400ml", publié aux éditions Kitchen93, accompagne l'expo et documente cette volumineuse collection : chaque bombe est photographiée dans le même décor, présentant le projet comme un exercice de style situé entre le jeu et l’art. (32€)



Maison des métallos
94 rue Jean-Pierre Timbaud 75011 Paris
Vernissage le 28 octobre à partir de 18h.
Expo jusqu'au 5 novembre de 14h à 19h.
Fermé dimanche 2 novembre.

jeudi 16 octobre 2008

Peut-on mettre le titre en un peu plus gros ! et la date plus en évidence ?



Depuis le 13 octobre, Cédric Gatillon expose une partie de son travail de création graphique, soit environ 80 affiches culturelles réalisées pour le Théâtre 13, le Théâtre de La Renaissance, le Centre national du Théâtre et la Villa Gillet. Ces affiches sont accompagnées de collages de recherches et de sérigraphies éditées pour l'occasion, versions alternatives ou non imprimées de certaines affiches.



Cette exposition se tient à Pau à la Galerie SAGACE de l'ESAC, l'École supérieure des arts et de la communication jusqu'au 7 novembre 2008. Elle sera ensuite accueillie dans la galerie de l'ESAD, École supérieure d'art et de design d'Amiens du 25 novembre au 12 décembre 2008. A quand sa venue à l'ESAV de Marrakech ?

Atelier Cédric Gatillon
22 rue Arthur Rozier - Paris 19e
+33 (0)1 48 24 59 54

lundi 29 septembre 2008

Jacques Villeglé, l'arracheur arraché…



L'histoire débute au croisement des rues Oberkampf et St Maur à Paris 11e. Jouxtant de spacieuses et sympathiques terrasses de café, il y a un mur, régulièrement "squatté" par des artistes - et d'une manière tout à fait officielle en l'occurrence - puisque l'association le M.U.R (Modulable, Urbain et Réactif) s'occupe de cet espace, depuis 2 ans, missionnée par la ville de Paris.



Dans la nuit de samedi, l'affiche de Jacques Villeglé collée le jeudi 25 septembre a été soigneusement découpée au cuter et décrochée. Même pas arrachée ! Découpée… Une plainte a été déposée auprès des services de police par l'association pour "vol d'œuvre d'art" car il est avéré que nous ne sommes pas dans le cadre d'une "dégradation légère" mais dans celui d'un vol caractérisé. L'association dénonce la vision mercantile que soutend un tel vol ainsi que l'atteinte à l'intégrité d'une oeuvre faite pour les passants, les riverains et le public en général.

A propos du M.U.R... / Cible systématique des artistes urbains, seuls ou en collectif, le panneau situé a l’angle de la rue St Maur et de la rue Oberkampf a peu à peu, était dérobé de sa fonction publicitaire, offrant un espace culturel unique dans Paris. De ce putsch artistique est né l’association le M.U.R. sous l’impulsion de Jean Faucheur, artiste plasticien, et Malite Matta. L’accrochage donne lieu à un événement qui relie art et territoire et pérennise une relation de proximité entre un quartier et des œuvres contemporaines. Pour en savoir plus : www.myspace.com/associationlemur

samedi 27 septembre 2008

Alexios Tjoyas dans Libé

Dans l'édition du jour de Libé (samedi 27.09.08), lire et regarder "les vies de Nico" un reportage dessiné de deux pages consacré au cinéaste Nico Papatakis. Le dessinateur, Alexios Tjoyas est l'unique représentant [de l'] espèce météque grec et éthiopien, née en Ethiopie et vivant dans l'est sauvage de la France… Son dessin, d'inspiration souvent ethnique, puise aussi dans le vocabulaire de la mythologie ou de la science.


Si vous ratez ces pages pour une raison ou une autre, une version pdf peut vous être envoyée par mail sur simple demande à son auteur / altjoyas@free.fr.

mardi 23 septembre 2008

La Gazette de l'Articho


Image de Yassine / couverture de l'Articho-comix

La Gazette de l'Articho, on l'aime. Pour ses actualités maraîchères mensuelles, ses initiatives grandement inventives en faveur "de la défense" de l'illustration. Yassine et Chamo infatigablement mènent le bal. Ce mois-ci : retour sur feu la regrettée galerie/librairie EN MARGE avec la publication de "Rendez-vous", ouvrage collectif de 9 illustrateurs sur le thème de la tête de mort…

L'Articho est une association.
28 rue des 3 bornes, Paris XIe

samedi 20 septembre 2008

Marcelino Truong à la galerie Jeanne Robillard


L'expo Truong se termine le 24 septembre… Plus que quelques jours pour découvrir les ambiances de Marcelino à la galerie Jeanne Robillard, espace d'exposition entièrement dédié au monde de l'illustration contemporaine. Visitez le site de la galerie pour en savoir plus. C'est à Paris 10e et c'est un joli lieu, au 11 rue Bichat. Martin Jarrie est un habitué des cimaises de la galerie.

vendredi 19 septembre 2008

Jacques Villeglé : la comédie urbaine d'un arracheur d'affiches


La Femme, 1966, rues Desprez et Vercingétorix, Paris
Museum Ludwig, Cologne, Allemagne
, ©Jacques Villeglé

A l’occasion de sa première rétrospective parisienne, Jacques (Mahé de La) Villeglé revient sur près de soixante années de sa production. Cet éternel flâneur, arracheur d’affiches lacérées par des mains anonymes, présente au Centre Pompidou sa tentative de classification de plus de 4000 œuvres selon des critères formels ou thématiques et depuis les années 90, en fonction des lieux géographiques. Depuis sa première création en 1949, jusqu'à aujourd'hui, Jacques Villeglé n'a jamais changé de matériau, n'y eut de cesse de remettre en question sa pratique.

La création en Aquitaine, d’un atelier itinérant, et le développement, dès 1969, parallèlement au rapt des affiches lacérées, d’un Alphabet socio-politique, issu de graffitis trouvés sur les murs (comme le A encerclé d’anarchiste par exemple), constituent autant de nouvelles clefs de lecture de son œuvre que les historiens de l'art ont trop souvent cantonnée aux mouvements qu’il a traversé : le Nouveau Réalisme, le Lettrisme ou l’Internationale Situationniste.

"J'ai fait le pari que l'affiche serait toujours en évolution, la société l'était et l'affiche représentait la société. […] Les affiches lacérées racontent des histoires. Elles sont le contraire de quelque chose d'indifférent."
Libération, 23 et 24 août 2008, entretien avec Henri-François Debailleux


Des films expérimentaux sont également intégrés au parcours de l’exposition. On y découvre notamment les bandes-sons de Pierre Schaeffer, Pierre Henry, véritables équivalences sonores de son travail plastique. Cet intérêt pour la musique se retrouve dans une série récente d’affiches sur le thème des musiques amplifiées. Un catalogue est publié aux éditions du Centre.


Rétrospective du 17 septembre au 5 janvier 2009
Evénement à ne pas manquer :
La production d'un flâneur
entretien de Jacques Villeglé
avec Sophie Duplaix, commissaire de l’exposition
Centre Pompidou
, mercredi 24 septembre, 19h30, petite salle
entrée libre dans la mesure des places disponibles

renseignements : Christine Bolron 01 44 78 46 52


mercredi 3 septembre 2008

Prisunic et le design



Le VIA dévoile une soixantaine de pièces de mobilier et d'objets domestiques, témoins de la politique volontaire de la marque Prisunic au tout début des années 70. Faire du beau avec du laid, cette formule un peu lapidaire résume l'esthétique Prisu : mettre un design simple et exigeant à la portée de tous et de toutes les bourses. C'est à Denise Fayolle, directrice du style du magasin entre 1953 et 1967 qu'on la doit. La marque par son entremise apportera son soutien à la création contemporaine en faisant appel à de jeunes designers français et étrangers : Andrée Putman qui deviendra la grande prêtresse du style Prisu, Marc Held, Gae Aulenti, Terence Conran, Jean-Pierre Garrault, … associé à un mode de distribution innovant pour l’époque dans le domaine de l’ameublement : la vente par correspondance. En 1967, Francis Bruguières succédera tout aussi brillamment à Denise Fayolle.

« Du produit à l’objet, il y a la distance de l’usine au magasin.
Du culte de l’objet à l’objet culte, il y a la distance du magasin au musée. »

Françoise Jollant-Kneebone dans « Design carrefour des arts », Flammarion, 2003




© studio Prisunic

De l'intérêt graphique de la mise en forme des catalogues publicitaires : quelques petits "incunables" sont à (re)découvrir - au delà de l'anecdotique de notre adolescence - car Prisunic aura été doublement précurseur : la vente par correspondance lui permettant notamment de pallier au manque d'espace dans ses magasins.


© studio Prisunic

Le trio créatif formé par Francis Bruguières, Michel Cultru et Yves Cambier, après avoir quitté l'enseigne, implantera Habitat en France dès 1973. Comme quoi, rien n'arrive jamais par hasard !



Galerie VIA
Valorisation de l'Innovation
dans l'Ameublement
29-35, avenue Daumesnil Paris XIIe
33(0)1 46 28 11 11

exposition du 5.09 au 30.10. 2008
un catalogue est publié aux éditions Alternatives

mercredi 23 juillet 2008

Les illuminations de Saul Steinberg


©The Saul Steinberg Foundation, New York

Pendant 60 ans, Saul Steinberg (1914-1999), artiste américain d'origine roumaine, a illustré avec brio les pages et couvertures du New Yorker. Pour décrire sa vocation et l'univers qu'il transposait sur le papier, Steinberg aimait à dire : "Je suis un écrivain qui dessine. Plus qu'un peintre peignant, je me sens chef d'orchestre." En plus de son travail de dessinateur (l'un des premier illustrateur à exposer son art aux cimaises des galeries), il est également caricaturiste, illustrateur, graphiste, dessinateur de mode et de publicité, scénographe, créateur infatigable de livres d'images…


Pineapple, c.1970 - crayon et crayon de couleur, collage, aquarelle, encre, tampons sur papier lithographique ©The Saul Steinberg Foundation, New York

La Fondation Henri Cartier-Bresson lui consacre une rétrospective majeure de son travail, première étape d'une tournée européenne. Sont dévoilés pour la première fois tous les éléments de sa carrière - de ses dessins méconnus des années 1930 aux créations des dix dernières années de sa vie. Son trait est élégant, incisif et inventif ; son esprit inclassable - entre humour, caricature et "regard politique" (cité par Cabu dans la vidéo documentaire projetée.)


Broadway, 1986 - encre crayon et collage sur papier
©The Saul Steinberg Foundation, New York

Tout artiste à son "procédé" : non pas quelque artifice trivial dont il userait - l'ayant mis au point - pour imposer l'originalité de son art, mais une manière de marcher, d'avancer la main, le trait, pour transformer la matière qu'il se donne : une méthode gestuelle, en quelque sorte. Les "procédés" de Steinberg sont à la fois très riches et très ordonnés. Leur profusion relève de ce grand classement des formes du discours que la réthorique appelait des "figures". On trouve dans le travail de Steinberg des figures du signifiants (métaphores, métonymies, répétitions, accumulations, antithèses, énumérations) et des figures du sens (lapsus volontaires, autonymies, anamorphoses) ; à quoi il faut ajouter ce que nulle rhétorique n'a pu prévoir, ou du moins maîtriser : les figures propres à Steinberg lui-même, ses performances, ses prouesses : ce sont figures de reconnaissance : les formes répétées par lesquelles on reconnait Steingberg dans un simple trait (une façon d'appuyer, de lever, de guider la main); bref, là où Steinberg insiste. [cité par Roland Barthes, in Saul Steinberg, all except you, Repères, éditions d'art, Galerie Maeght, 1983]

L'expo se termine à la fin de cette semaine.
Courrez-y, c'est exceptionnel et ne manquez pas le documentaire du 3e étage. (Toutes mes excuses au réalisateur, mais je n'ai pas noté son nom…)



Woman in tub, 1949 - épreuve gélatino-argentique
©The Saul Steinberg Foundation, New York


jusqu'au 27 juillet
Fondation Henri Cartier-Bresson
2 impasse Lebouis 75014 Paris
+33 (0)1 56 80 27 00
Métro : Gaîté

6 euros - 3 euros
gratuit en nocturne le mercredi (18h30-20h30)
mardi à dimanche 13h-18h30
samedi 11h-18h45